La Levée des Morts

Uyadan est le nom que les Aodis lui donnèrent, une perte totale de mémoire de tous les habitants d’Alméra, y compris les Elfins, les Dudins et les Aodis, ainsi, probablement, que toutes les créatures vivantes. Avec Uyadan, autre chose se produisit, le ciel changea de couleur et devint plus sombre. Aux couleurs du crépuscule en pleine journée, du noir le plus profond en pleine nuit, sans la moindre étoile, ni aucune des trois lunes d’Alméra.

La peur eut raison de beaucoup d’esprits, et le chaos régna très vite dans tous les jeunes Etats humains. Seul le calme et la tempérance des Aodis permit de garder un semblant d’ordre. Les Aodis mobilisèrent les efforts des Bordurins d’Urakis pour faire en sorte qu’Aodissia réapprenne son Histoire. Les Aodis étaient les seuls à se souvenir de leurs noms. Il fallut plusieurs années pour rétablir l’ordre. Les Aodis prirent contact avec les Elfins et les Dudins pour apprendre qu’ils avaient subit la même déconvenue. Quatres des onze Aodis se rendirent chez eux pour les aider à retrouver leurs propre histoire.

Aod était toujours présent quelque part, car ses prêtres continuaient à faire usage de la magie divine, mais ils eurent beaux prier Aod et ses Disciples, pas un n’obtint de messages ou d’indice sur ce qui avait pu se passer. Il fallu au moins 15 ans pour redistribuer la connaissance et réorganiser le territoire, apaiser les peurs, garder le contrôle des institutions et renforcer et stabiliser tous les peuples. Comme les Aodis s’évertuèrent à faire en sorte que chaque culture pré-Uyadan demeure à l’identique, les tensions entre les Humains, les Dudins et les Elfins ne diminuèrent guère. Les griefs semblaient moins ténu et cette perte de mémoire aurait pu être l’occasion d’un nouveau départ, ce que les Aodis refusèrent.

Les 15 années qui suivirent ne servirent qu’à valider les nouvelles dispositions prises. Beaucoup se firent explorateur pour tenter de découvrir, sur des territoires désormais inconnus, ce que le passé recelait de mystères. Si certains choisirent la voie des mers pour explorer les lointains, d’autres se contentèrent d’arpenter les terres de l’ancien empire. De nouvelles routes furent tracées à travers ce territoire redevenu sauvage pour se rendre dans les montagnes des Dudins ou dans le Domaine Elfins, mais aussi sur l’ancienne Darkil restée au mains des irréductibles détenteurs de la foi de Dar. Des routes qui furent occultées bien vites…

La mort qui marche

Les premiers morts se levèrent. Partout sur le territoire d’Alméra, venant des tombes, des caveaux ou sortant de terre, les morts s’animaient. Tous les cadavres abandonnés de toutes les races, toutes les bêtes, tous les montres, tous revinrent à cette forme de vie corrompue et vile, ce semblant inacceptable d’existence. Il apparut très vite qu’il était impossible de maîtriser le phénomène. Les morts n’étaient pas toujours hostile. Certains se contentaient de se relever et de partir. Quelques courageux eurent la témérité de s’aventurer dans les contrées de l’ancien empire pour savoir où ils se rendaient. Beaucoup ne revinrent pas. D’autres morts se montraient plus belliqueux et il semblait impossible de les détruire. Même si l’on brûlait leurs corps, leurs esprits déformés continuaient de hanter les vivants et ceux qu’ils tuaient venaient rejoindre leurs rangs.

Les jeunes Etats de la Fédération se trouvèrent tout d’abord confronté à leurs propres morts, et finirent par trouver la seule parade contre eux, la lumière d’Aod. Les prêtres partirent en campagne auprès des soldats pour porter le coup fatal aux morts, mais ils n’étaient pas assez nombreux. Bientôt, les prêtre eux-mêmes devinrent des soldats, et les premières pierres furent assembler pour former les fondations de la Chevalerie du Destin. Par la suite, les jeunes Etats dotés de nombreux ordre de chevalerie indépendants se rassemblèrent sous la bannière de l’Aodis nommé Lurien qui devint le dirigeant d’un immense ordre qui vint porter secours à toutes les communautés humaines.

Après plusieurs années de lutte, il fut possible d’établir une frontière entre le territoire des morts et celui des jeunes états. Les Chevaliers du Destin bâtirent alors un mur (qu’on baptisa le mur de Lurien) pour contenir l’ennemi au-delà d’une passe montagneuse suffisamment étroite. Cela isola définitivement Aodissia des Elfins et des Dudins situés au-delà, en bute à leurs propres difficultés contre les morts envahissants. Depuis ce jour et ce jusqu’à nos jours, les Morts, toujours se relèvent, et leur nombre ne cesse de grandir.

Partagez