Les Darkiliens

La culture darkilienne est une sous-culture impériale qui a survécu à l’anéantissement d’Asten. Autrefois royaume indépendant et conquérant avant l’expansion opérée par le royaume d’Asten, les Darkiliens ont perdu la guerre face aux futures impériaux. S’ils se sont soumis et ont fait partie intégrante de l’Empire, leur éloignement du centre du pouvoir les a préservé de la disparition totale de leur culture. Aujourd’hui installé à Aodissia dans une région géographiquement comparable à celle qu’ils occupaient dans l’est d’Alméra, les Darkiliens ont contribué à la fondation d’Osmondis.

Histoire de Darkil

Au début était Dar

D’aussi loin qu’ils se souviennent le mot « Dar » issue de la langue darkilienne représente une entité suprême omnipotente et omnisciente à l’origine de toute chose. Ce mythe est partagé par de nombreuses autres cultures alméraines, mais les Darkiliens sont les seuls à l’avoir adopté comme une vérité incontournable, un dogme, et, quoi qu’il soit arrivé dans leur Histoire, ils n’ont jamais vu en tout événement qu’une preuve de plus de la véracité de ce mythe. « Darkil« , la terre natale des Darkiliens, signifie littéralement « Don de Dar« . Même s’il est probable qu’une peuplade nomade primitive vivait sur ce territoire rocailleux et aride depuis des siècles sans en avoir conscience, il est apparu un jour, et probablement répandu, l’idée que cette terre avait été offerte à cette peuplade par un dieu, Dar, dont un antique prophète s’est fait le porte-parole.

Les ancêtres des Darkiliens, alors disséminés dans le désert, adoptèrent peu à peu cette idée, considérant la bienveillance avec laquelle Dar les emmenait ainsi d’oasis en oasis pour leur permettre de mener leur vie d’errance sans but. Là était la faiblesse de cette croyance qui mettait à disposition des fidèles un moyen de subsistance et aucune raison d’en profiter tant l’herbe était à la fois plus verte et plus étendue ailleurs. N’écoutant pas les récriminations de ses ouailles qui cherchaient le sens de leur existence, le prophète se lança dans une grande quête, celle des Daevas.

Les Daevas et Dar-kil

La quête des Daevas coïncide avec la Grande Sécheresse. Dans cette contrée déjà aride, les oasis se sont taries et les nomades, futurs Darkiliens, ont longuement erré à la recherche de l’eau. En parallèle, le prophète laissa entendre qu’il fallait trouver les Daevas, des incarnations des aspects de Dar, qui se trouvaient parmi le peuple. Une fois ceux-ci réunis, ils apporteraient la solution à leur problème.

Si beaucoup de nomades rejetèrent cette idée, tentant leur chance dans d’autres contrées plus verdoyante, beaucoup s’entêtèrent, convaincus par les propos du prophète. Ce fut d’autant plus évident lorsque ce dernier prétendit avoir trouvé le premier aspect de Dar, le Daeva de la Force, aussi appelée Darfest (Force de Dar dans la langue darkilienne), un jeune Darkilien qui, à 10 ans, était plus fort que 2 hommes, et dont la personnalité et la maturité impressionnait les mortels.

Que ce soit par la réduction drastique de la population mourante où la certitude acquise de tout un peuple menacé de disparition, il fut alors beaucoup plus aisé de révéler les sept Aspects de Dar, les Sept Daevas qui furent rassemblés et guidèrent le peuple jusqu’à un site d’où jaillit une toute nouvelle et inépuisable oasis. Ce lieu devint l’emplacement de la cité portant le nom de la contrée, Darkil, comme s’il s’agissait, là encore, d’un nouveau don de Dar, et les Darkiliens cessèrent dès lors d’être des nomades pour bâtir en dur et durablement ce qui deviendrait la cité des Daevas.

L’âge d’or de Darkil

Bien avant que Darkil atteigne l’apogée de sa culture, son développement fut, pour les Darkiliens, la période la plus enrichissante de leur croissance. Tout d’abord, c’est le culte de Dar et de ses Daevas qui se consolida lorsque l’un des 7 mourut de vieillesse et fut retrouvé réincarné en un autre Darkilien. Il apparut alors que les Daevas seraient toujours présents, sous des visages différents certes, mais assurant une continuité sans nulle autre pareille dans le progrès politique, social et, par voie de conséquence, religieux.

C’est à cette époque que le Culte des Daevas se structura. Ceux-ci désignèrent un Krestak (un Gardien), celui qui les connait le mieux, ceci afin de lui permettre de retrouver leur réincarnation au fil des générations. Le Darkrestak devint alors une part intégrante du culte, en tant que porte parole des Daevas durant la période où, tout bébé, ils sont incapables d’assumer leur rôle. La continuité du Darkrestak étant assurée, à sa mort, par la nomination d’un nouveau gardien. Par ailleurs, les Darkiliens, extrêmement reconnaissant envers les Daevas pour leurs conseils, leur aide et l’usage raisonnable et utile de leurs pouvoirs, se mirent à les prendre pour modèle.

Le Culte de Dar, central dans la culture darkilienne, se divisa en 7 sous-cultes, dédié aux Daevas, et chaque enfant darkilien se vit instruit dès son plus jeune âge aux voies spirituelles qui se présente à lui. Cela et la nécessité d’étendre la civilisation darkilienne forgea la tradition qui, depuis ces temps anciens, n’a jamais été abandonnée. Furent ainsi jetées les bases du patriarcat darkilien, de la polygamie, des unions pratiques et émotionnelles, de l’éducation et des Voies.

Darkil vécut ainsi jusqu’à son apogée, découvrant le secrets des rivières souterraines de son territoire, pour fonder de nouvelles cités et consolider sa position. Les Daevas sentaient-ils que cette puissance serait nécessaire pour affronter la tempête nommée Asten ? Toujours est-il que, désireuse de préserver sa culture, la nation darkilienne se renforça, délimita ses frontières et prospéra autant que possible.

Les deux empires

Le Royaume Gatten, d’où est issu la dynastie Asten, et Darkil étaient assez éloignés l’un de l’autre pour ne pas avoir d’interactions directes. Si chacune de ces nations entretenait, avec ses voisins immédiats, des relations relativement bonnes et profitables, Darkil détenait, malgré la pauvreté apparente de ses sols, une richesse incomparable. Une richesse culturelle poussée par le progrès social, politique et religieux établi par des Daevas à l’apogée de leur puissance. Ce rayonnement de la grandeur darkilienne suscita la jalousie de l’ambitieuse dynastie Asten qui entreprit de conquérir le continent pour se l’approprier.

Avant d’être encerclé par des voisins inféodés à cet ennemi, Darkil réagit en développant également son empire. Les deux puissances avaient les moyens de leur politique et leur expansion, pour fulgurante qu’elle fût, mena inexorablement à un long statu quo géopolitique dans lequel, ayant conquis par la force et par alliance de nombreux territoires, et ayant établi une frontière commune, ils se livrèrent à une guerre interminable pour la domination de l’autre.

C’est toutefois Darkil qui céda finalement, perdant les unes après les autres les terres récemment acquises, jusqu’à être elle-même envahie par l’Empire d’Asten. La raison de cette défaite n’était pas tant dans la fragilité de la domination établie que dans la contradiction manifeste entre la politique et les préceptes religieux darkiliens qui dirigeaient leur société depuis plusieurs siècles. Si Darkil fut pillée, elle ne fut pas détruite. Ces terres éloignées, arides et sans autre attraits que ce qui lui avait été dérobé n’avait qu’un intérêt mineur pour Asten qui se contenta d’établir une gouvernance et d’imposer la religion d’Aod.

Ainsi naquit et disparut le puissant et révéré Empire Darkil qui préféra se soumettre pour préserver sa culture plutôt que de conserver le contrôle de sa nation.

Le culte secret

Dès la soumission de Darkil, les Daevas furent cachés par le Darkrestak. Durant toute la durée de l’occupation d’Asten, le Culte de Dar et des Daevas fut préservé. L’une des tâches des administrateurs asténites étaient de faire accepter l’Eglise d’Aod comme seul et unique culte autorisé. Malgré tous leurs efforts, et même après être parvenu à tuer tant les Daevas que les Darkrestaks successifs, le culte survécut car les Daevas se réincarnaient et vivaient clandestinement, séparés les uns des autres. Le Darkrestak, remplacé tout aussi régulièrement parvint à maintenir l’accès aux Daevas et permit ainsi aux Darkiliens de poursuivre dans leurs croyances.

Durant les 7 siècles de la domination asténite, les Daevas furent préservés. Puis, l’Empire chut et dès ce jour, les Daevas cessèrent de se réincarner et disparurent les uns après les autres. Darkil chassa ses administrateurs asténites apatrides, ramena dans son giron la population darkilienne disséminées dans les différentes provinces impériales en déliquescence et tenta de se forger une nouvelle identité culturelle alors que les Disciples d’Aod arpentaient le monde.

La seule explication officielle du culte à la disparition des Daevas fut de considérer qu’ils avaient abandonnés leur forme mortelle pour retrouver leurs traits divins et que c’était eux, les Disciples d’Aod, qui ordonnaient cette fois à tous les peuples d’abandonner la magie qui avait failli détruire le monde. Cette interprétation bouleversa la vision que les Darkiliens avaient pu avoir d’Aod jusque là, car si les Disciples étaient les Daevas, alors Aod était Dar.

Foi en perdition

Avant que ne surviennent Uyadan, les Darkiliens vécurent dans l’incertitude et de le doute. L’idée qu’Aod et Dar fussent un et un seul dieu remettaient en question nombre de leurs acquis. A cette époque les Disciples d’Aod, empruntant diverses apparences, n’apparaissant jamais ensemble, ni même par deux, et intervenant aux quatre coins d’Alméra, entretenaient la confusion quant à leur nombre et leur identité. A la tête d’un culte privé des Aspects incarnés de Dar, le Darkrestak tenta de convaincre les fidèles que les Daevas n’étaient autre que les Disciples, les considérant au nombre de 7, et cherchant par tous les moyens à savoir ce qu’ils faisaient dans le monde pour en déduire une ligne de conduite.

Le départ des Disciples, pas véritablement annoncé, et la naissance des Aodis, l’un d’eux de mère darkilienne (Osmonde), soulevèrent plus de questions encore. Osmonde ne se révéla qu’une fois atteint l’âge adulte et se présenta comme un enfant d’un Disciple d’Aod. Il invita les Darkiliens à migrer vers l’ouest pour participer à la fondation d’une nouvelle nation, la Fédération Aodissienne. En révélant petit à petit l’existence des autres Aodis, chacun puissant et immortel, Osmonde obtint du Darkrestak qu’il révise son dogme. Ce dernier conclut que les Aodis étaient des enfants des Daevas et qu’ils devenaient en cela leurs nouveaux guides pour tout ce qui concerne la vie terrestre.

La population darkilienne était encore très incertaine sur la voie à suivre et un schisme se créa. Pendant plusieurs décennies, la religion darkilienne fut coupée en deux, l’une s’opposant fermement à ce que les Aodis soient considérés comme leurs guides malgré leur ascendance (sans pour autant renier le fait que les Disciples étaient les Daevas), l’autre prête à partir vers une nouvelle terre et créer une nouvelle nation. Environ 3 quarts des Darkiliens finirent par s’engager à la suite du Darkrestak migrant vers l’ouest et l’Astareth déjà rebaptisée Aodissia. La population restante arrima sa foi et ses espoirs en la cité de Darkil, toujours considérée à leurs yeux comme le Don de Dar, un don impossible à abandonner.

Osmondis, la nouvelle Darkil

Osmonde enjoignit les Darkiliens nouveaux venus en Aodissia (parmi les derniers à rejoindre la Fédération) a fondé leur nouvelle cité. Décidés à rebâtir leur église, les Darkiliens construisirent Osmondis selon une vision totalement nouvelle et visionnaire. Libéré de la crainte de devoir cacher leurs préférences religieuses, leur cité fut élevée à la gloire de Dar et des Daevas, en prenant toujours soin d’exclure Darzaeck du côté ostentatoire de leurs institutions. Durant ce laps de temps, les ponts furent pratiquement coupés avec Darkil qui se développa, isolée, dans l’est du continent.

Il fallut plus de 50 ans à la nouvelle ville pour prendre son essor et à ses lois pour s’affiner, car en partie incompatibles avec celles de la Fédération Aodissienne dont les habitants, originaire des anciennes familles du peuple d’Asten et de quelques autres cultures, souhaitaient tout autant s’investir dans la construction de cette nouvelle cité. Les étrangers à la culture darkilienne eurent toutefois beaucoup de mal à rester dans l’entourage de ce peuple à la religion affirmée et aux dogmes indestructibles.

Osmondis n’eut que peu de répit après l’achèvement de ses premiers et ambitieux plans de construction qu’Uyadan survint.

Osmondis et Darkil après Uyadan

La reconstruction de la culture darkilienne d’Osmondis et celle de Darkil après Uyadan ne fut pas très difficile. En revanche, la perte de mémoire collective eut un curieux effet sur les Osmondiens. Beaucoup d’entre eux voulurent redécouvrir leurs racines et se rapprocher de la Darkil originale. Les premières décennies qui suivirent furent donc les témoins d’un nombre sans pareil de pèlerinages, mais aussi de migration définitive, jumelant les deux cités situées à plus de 3 mois de voyages à pied, malgré le schisme les séparant encore.

Hélas, la Levée des Morts mit un terme définitif tant aux migrations qu’aux pèlerinages. Si les Aodis s’efforcèrent de maintenir un contact avec Darkil il devint impossible de communiquer directement avec les Darkiliens de Darkil sans s’y rendre physiquement, cela en traversant une grande partie de l’Empire des Morts. Au fur et à mesure que le pouvoir des Morts grandissaient sur la région, même les Aodis ne se risquèrent plus à aller à Darkil, laissant les Osmondiens dans l’expectative quant au devenir des leurs.

Jusqu’à ces dernières années où, peu à peu, les Darkiliens d’Osmondis affirmèrent à nouveau avec force leur religion, les relations avec la Fédération Aodissienne se sont tendues. Jugeant les Aodis incapables de contrer la menace des Morts et reconquérir le chemin menant à Darkil, déçus, les Osmondiens sont devenus presque hostiles envers les Aodissiens. Ils ont développé leur propre force armée, les Soldats de la Foi (force qui existait avant la conquête de Darkil par Asten), devenus en peu de temps un corps militaire particulièrement efficace, peut-être plus que les Chevaliers du Destin. Le dernier des Darkrestak a tenu une position plus modérée que celle de ces prédécesseurs, reconnaissant l’utilité de maintenir l’union dans la Fédération Aodissienne. Si le Grand Concil d’Aodissia reconnait la nécessité d’essayer de reprendre contact avec Darkil, il est admis par les Osmondiens que la Fédération dans son entièreté doit être prête pour ça.

Le culte de Dar

Dar est révéré depuis toujours pour les trésors qu’il a accordé aux mortels et à son peuple élu en particulier. Cette notion de peuple élu s’est forgée avec le temps, selon l’idée que, puisque les autres peuples, pourtant créés par Dar eux aussi, ne reconnaissaient pas les bienfaits de Dar et se perdaient dans des croyances erronées, ils n’avaient pas été choisis par Dar pour bénéficier de Darkil (le Don de Dar). Les Darkiliens ont, de fait, toujours considérés les incroyants comme des gens perdus dans l’obscurité et l’incertitude. Le dogme principal précise que Dar a créé Alméra et les êtres qui y vivent et qu’après avoir laissé les mortels évolués librement, il est intervenu pour en prendre un petit nombre sous son aile et leur offrir une terre unique et pleine de secrets où ils ont pu s’établir, à l’écart du monde, pour développer leur culture à la gloire de leur dieu.

Le dogme s’est enrichi lors de la venue des 7 Daevas, et la vie des citoyens de Darkil fut profondément changée par leurs révélations. Établissant des connexions entre les Daevas et les préférences des Darkiliens, tous les aspects de leur société furent gouverné par les préceptes de ces immortels. Au fil des siècles, la société darkilienne refléta de plus en plus la structure du culte et même le chamboulement politique introduit par la conquête de Darkil par l’Empire d’Asten ne modifia pas cet état de fait. La religion d’état de l’Empire, une simple structure de pouvoir spirituel ayant ses entrées dans les coulisses du pouvoir impérial, fut assez laxiste pour ne pas s’imposer aux Darkiliens qui préservèrent en secret les Daevas et les racines de leur culture.

La seule différence qui intervint dans le dogme après la Chute de l’Empire et la disparition des Daevas, qui avaient alors repris leur apparence (et qu’ils continuèrent à appeler Daevas ou Darseedons (Anges de Dar), au lieu de Disciples d’Aod) pour punir les mortels de l’affront fait à Dar, fut de considérer les Aodis comme les enfants des Daevas. Même si les Osmondiens s’investirent dans cette interprétation, créant le schisme avec Darkil, Uyadan a quelque peu remis en question l’autorité que les Aodis ont le droit d’exercer sur les eux. Leur filiation a été mise en doute et l’impossibilité de concilier les origines défendues par le dogme de l’Eglise d’Aod et celle avancées par le dogme darkilien alors même que les Aodis n’infirment ni ne confirment aucune des versions.

Le culte de Dar et des Daevas est indissociable de la structure gouvernementale d’Osmondis dans la mesure où le Darkrestak est le Gouverneur de la cité et que les postes de Conseillers du Grand Conseil correspondant aux différents rôles des Daevas sont occupés par des chefs religieux. A ce titre, même le sous-culte de Darzaeck est généralement caché aux yeux de tous en raison de son origine et de sa place dans la religion darkilienne, son chef religieux est ouvertement le représentant de l’Académie d’Otaren à Osdmondis.

Le culte principal

Même si les aspects de Dar sont indissociables de Dar, Dar est avant tout révéré comme le créateur du monde et le guide du peuple élu Darkilien. S’il leur fut révélé, à un moment de leur histoire, qu’Aod et Dar ne sont qu’une seule et même entité, le dogme des Darkiliens n’a pas changé sur ce point. Seuls les fidèles de Dar ont cette position particulière d’élu, détenteur de la vérité sur le monde et sur ce qui les entoure et tout autre religion, l’Eglise d’Aod y compris, n’est qu’une tentative méritoire mais infructueuse de s’approcher de la vérité. C’est ce qui explique la condescendance des Darkiliens envers tous les croyants d’autres obédiences, persuadés qu’ils sont d’être désignés par le destin.

Le dogme mentionne que Dar a envoyé ses aspects sur Alméra pour amorcer la Purification d’Alméra. C’est ce qui poussa les Darkiliens a fondé un empire pour s’opposer à celui d’Asten avant qu’ils ne se rendent compte que la violence du conflit ne faisait que desservir leurs objectifs. Depuis les Darkiliens placent la Purification du monde dans un futur inaccessible, considérant que seule une action sur le long terme, après des générations d’efforts et d’enseignements, parviendra à aboutir à cet idéal. De fait, au sein du culte, les Darkiliens sont tenus de cultiver déjà pour eux-mêmes leur propre pureté et ce en devenant une extension d’un des Aspects de Dar.

Le culte des Aspects de Dar

Les Aspects de Dar, représentés par les Daevas, sont les suivant :

  • Darfest (La Force de Dar) : le Daeva qui inspire la volonté et l’énergie nécessaire à l’accomplissement d’un acte ou d’un effort. Il est prié quand le Darkilien est confronté à une situation problématique qu’il doit surmonter. D’une manière générale, Darfest inspire la force vive du peuple darkilien, et les métiers qui font vivre la société, comme la culture agraire, la chasse, la pêche. Darfest s’incarne dans les artisanats et la culture des ressources en élevage, en plantation, en chasse et en pêche. Plusieurs Guildes d’Osmondis (Chasseur, Pêcheur, Fermier, Métiers) représentent Darfest ou, tout du moins, se nourrissent de ses préceptes. En l’occurrence, les suivants de Darfest représente la majorité de la population darkilienne d’Osmondis.
  • Dargardan (L’Esprit de Dar) : le Daeva qui représente la sagesse. Si tous les Daevas sont considérés comme les plus sages êtres de l’univers, Dargardan est le plus sage d’entre eux. Il est tout à la fois le bon sens et la raison, mais aussi la science. C’est sous son impulsion que l’Empire Darkilien a fini par céder face à l’Empire d’Asten évitant ainsi une guerre qui aurait ruiné Darkil. L’enseignement et le savoir, les sciences et la philosophie, la littérature et les mathématiques sont des préceptes de Dargardan et la Guilde du Savoir est presque exclusivement tournée vers eux. Dargardan patronne aussi la Guilde des Marchands à Osmondis.
  • Darjak (Le Poing de Dar) : il est le Daeva combattant. Habile à résoudre par la violence ce qui ne peut l’être autrement. Il inspire les guerriers et les soldats et leur procure l’abnégation nécessaire à l’efficacité de leur devoir. Les guerriers darkiliens s’inspirent parfois de Darfest en lieu et place de Darjak, mais couramment, on distingue les deux par la nature de l’adversité. Darjak quand elle est armée, Darfest quand il s’agit de toute autre forme d’opposition. Darjak a inspiré la création des Guerrier de la Foi, un ordre de combattant dévoué à la défense des Darkiliens. Cet ordre remplace les Chevaliers du Destins à Osmondis attendu qu’ils en font indirectement partie.
  • Dartuss (L’Oeil de Dar) : c’est le Daeva de la contemplation. Il voit dans l’univers des schémas et des structures dont la compréhension procure savoir et pouvoir. On l’associe souvent à la destinée mais aussi au pouvoir politique. Les pratiquants de Magie Divine et les mystiques s’inspirent de Dartuss. La Contemplation est d’ailleurs le nom donné à l’Eglise de Dar dont la direction revient au Ertak Dartuss (Le Vigilant de l’Oeil de Dar). L’Eglise de Dar remplace l’Eglise d’Aod à Osmondis.
  • Darkast (le Cœur de Dar) : c’est le Daeva associé à toutes les formes d’émotions dont l’amour en particulier. Darkast inspire la plupart des grandes vertus qui animent les Darkiliens, la Force mise à part qui est souvent plus personnelle. Darkast est aussi le patron des arts et est donc parfaitement en phase avec la Guilde des Arts dont il est l’inspirateur à Osmondis.
  • Darlys (la Matrice de Dar) : c’est le Daeva qui représente la fécondité. Son nom peut prêter à sourire, mais c’est oublier que Dar représente autant le masculin que le féminin. A ce titre, Darlys est la seule caractéristique purement féminine de Dar du point de vue de son appellation. Mais les hommes darkiliens sont tout autant inspirés par cette figure en ce qui concerne leur propre fécondité. Darlys est un culte du foyer et demeure généralement dans le cadre de l’intimité.
  • Darzaeck (le Mystère de Dar) : ce Daeva est si difficile à cerner que les Darkiliens en ont souvent chacun leur propre interprétation. Il est le patron des assassins et des voleurs tout autant que l’inspirateur de la magie, celle de la foi exceptée. Les Darkiliens qui transgressent les lois se sentent souvent légitimé par sa nature qui ne condamne ni n’encourage un tel comportement, contrairement aux autres Daevas qui le condamnent systématiquement. Les pratiquants de Magie des Arcanes sont souvent associé à Darzaeck également. Cela n’a pas toujours été le cas, mais depuis les abus de l’Empire d’Asten qui ont mené à l’intervention des Daevas, les Darkiliens sont convaincus que la Magie des Arcanes doit être évitée. Il n’en reste pas moins que les Osmondiens n’ont pu éviter la présence de l’Académie d’Otaren dans leur cité, académiciens qui se sont pliés aux exigences du cultes et se doivent de demeurer les plus discrets possible. Ainsi, si l’Archimage d’Osmondis est bien un membre du conseil de la cité, donc une personnalité publique, l’Académie d’Otaren est cachées aux yeux de tous. Une discrétion qui sied aux Osmondiens qui peuvent être des plus hypocrites parfois pour ne pas voir ce qu’ils ne veulent pas voir.

Servir les intérêts communs enseignés par les Daevas et pratiquer la religion sont deux choses strictement synonymes dans la culture darkilienne. Chaque individu est tenu, dès l’âge de sa majorité, de suivre un Daeva et donc, d’exercer un métier professé par ce Daeva. Darlys et Darzaeck sont toutefois deux Daevas dont les préceptes ne sont pas ouvertement servis, l’un concernant la fécondité et n’ayant donc aucun métier correspondant, l’autre étant officiellement ignoré.

L’exercice du métier étant un acte religieux, il convient également de noter que nombre de rituels ponctuent la vie quotidienne tant dans le travail que dans le foyer.

La religion au quotidien

La vie des Darkiliens est une vie de respect et de dévotion envers Dar et les Daevas. Les pratiques religieuses envers Dar encadrent tous les aspects socio-culturel de chaque journée vécue et de quelques jours spéciaux de chaque année et de chaque mois revenant régulièrement dans leur calendrier. Par exemple :

Tous les ans, les jours saints :

  • Le 1ier jour du printemps qui marque le début d’une nouvelle année pour les Darkiliens. Célébration de Dar et de Darlys. Il marque aussi le début d’un temps sacré jusqu’au Darkilsat.
  • Le 14ieme jour du printemps est le Darkilsat (Jour de Darkil), qui célèbre le jour de la découverte du site où Darkil fut construite, célébration de Dar.
  • Le 7ième jour de l’été, la première naissance de Darfest, Fête de l’Abondance.
  • Le 51ième jour de l’été, la première naissance de Dargardan, Grand Tournoi des Jeux d’Esprits.
  • Le 62ième jour de l’été, la première naissance de Darjak, Les Joutes Martiales.
  • Le 86ième jour de l’été, la première naissance de Dartuss, La Grand Messe de Darkil.
  • Le 3ième jour de l’automne, la première naissance de Darkast, Grande Fête d’Expression Artistique Publique et Fêtes Intimes des Amoureux.
  • Le 44ième jour de l’automne, la première naissance de Darlys, La Grande Fêtes des Moissons et du Renouveau.
  • Le 66ième jour de l’automne, la Chute de l’Empire d’Asten, Grand Messe de l’Espoir.
  • Le 1ier jour de l’hiver, la première naissance de Darzaeck, aucune fête officielle.

Tous les mois :

  • Le matin du 11ième jour de chaque mois, le Rite de Dartuss.
  • Le soir du 30ième jour de chaque mois, dévotion groupée à Dar lors de la Messe du Renouveau.

Tous les jours :

  • Salut du matin : a effectuer lorsque le fidèle voit le soleil pour la première fois dans la journée. Si une journée se passe sans que le soleil n’ait été vu directement alors le Salut se transforme en prière le soir.
  • A chaque repas, le Salken Tevlin (Souhait de la Continuité), ne s’exécute que si toutes les personnes sont à table. Si un convive est manquant cela porte malheur.
  • La Tressa Lomin (Dévotion Quotidienne) porte sur le Daeva propre à chaque fidèle. La prière est menée à différents moments de la journée selon le Daeva :
    • Darfest : avant de commencer le labeur de sa journée.
    • Dargardan : avant de parler pour la première fois dans la journée.
    • Darjak : avant de se saisir de son arme la première fois dans la journée.
    • Dartuss : avant d’accomplir tout autre dévotion dans la journée.
    • Darkast : la première fois qu’une émotion positive est éprouvée dans la journée et au pire avant de s’endormir pour louer la satisfaction du repos réparateur.
    • Darlys : le soir avant de rejoindre la couche conjugale. Ceux qui n’ont pas d’époux ou d’épouses le font à la mi-journée.
    • Darzaeck : officiellement, jamais. Officieusement, dès que cela semble approprié dans la journée.

Tous ces rituels sont simples. A part les grandes fêtes et les importants jours saints de l’année bénéficiant d’une attention particulière, notamment en messes d’envergure dans les tous les Temples de Dar et principalement dans le Kastak Anen Dar (le Temple Inondé de Dar, inondé au sens figuré de la bonté de Dar) et parfois de festivités envahissant la ville d’Osmondis et invitant la plupart des Darkiliens à une journée chômée à la gloire de leur dieu, les dévotions de la religion darkilienne sont à la fois rapide et discrète. Les Darkiliens goûtent peu à l’ostentatoire sauf lors des jours saints.

Us et coutumes

Les enseignements des Daevas et la religion en général domine la culture darkilienne. La pratique de la Magie des Arcanes y est mal vue, et celle de la Magie Naturelle peu répandue même si tolérée. En fait c’est avant tout un problème d’ouverture d’esprit. Dans la religion darkilienne, les esprits qui sous-tendent l’usage de la Magie Naturelle sont des extensions des Daevas. En revanche, la Magie des Arcanes transgresse les lois du monde et donc les édits des Daevas. Si ses utilisateurs ne sont pas pourchassés pour ce seul crime c’est parce que le Daeva Darzaeck semble tolérer son usage. A Osmondis, les bénéficiaires de la Magie des Arcanes se font contacter dans le plus grand secret par l’Académie d’Otaren et beaucoup préfèrent abandonner leur don plutôt que de vivre une vie dans l’ombre.

Les Darkiliens sont polygames et leur société est patriarcale. Un homme peut disposer de plusieurs femmes mais les femmes ne peuvent s’unir qu’à un seul homme. Les femmes ont la responsabilité des biens de la famille et de leur gestion (donc gère le patrimoine et les dépenses) tandis que l’homme a la responsabilité d’apporter ces biens dans le cadre familial (donc d’accroître la richesse de la famille). La femme est un signe de richesse pour l’homme. Celui qui en a plusieurs est donc généralement très riche. Les hommes qui n’ont pas de femmes appartiennent à la plus basse classe sociale et compte-tenu d’une quasi-égalité démographique entre les deux sexes, les hommes de basses extractions sont nombreux. Il existe deux types d’union entre homme et femme et un même homme peut contracter les deux avec ses différentes femmes. Le Kastazec professé par Darkast, appelée aussi l’Union du Cœur en langue commune, qui est une union sentimentale. Le Lysazec professé par Darlys, appelée aussi l’Union de la Matrice en langue commune (les Darkiliens préfèrent dire Lysazec) qui est une union reconnue sans sentiments ou d’utilité reproductrice. Le Kastazec est contracté moins souvent que le Lysazec. Les femmes unie par le Kastazec ont généralement choisi leur époux, contrairement aux femmes unie par le Lysazec. Une union, quel que soit son type, ne peut pas être cassée une fois établie et l’adultère est généralement puni de mort pour les deux amants. C’était du moins le cas autrefois mais en Aodissia, les lois de le Fédération prévalent et les Darkiliens s’y sont soumis. S’ils n’ont pu faire inscrire l’adultère comme un crime majeur, ils ont parfois une fâcheuse tendance à faire justice eux-même.

Un Darkilien ou une Darkilienne, à sa naissance, est pris en charge par sa mère jusqu’à l’âge de 10 ans environ. L’enfant doit obéissance à sa mère comme à son père et est sévèrement réprimé pour ses écarts. Dans le cadre familial, c’est la mère qui en porte la responsabilité, mais dans le reste de la société, le père est le responsable de l’enfant. Durant cette période, l’enfant doit avoir eu connaissance de l’existence de tous les Daevas et être instruit à la pratique de la religion. Ensuite, s’il est toujours sous la responsabilité de ses géniteurs, l’enfant darkilien fréquente une école religieuse dans laquelle on le poussera à choisir l’une des cinq voies de Darkil… En gros, de choisir un Daevas qui sera son guide pour toute sa vie. Pourquoi cinq ? Parce que Darlys n’offre aucun débouché professionnel « convenable » et parce que Darzaeck ne représente pas une voie officielle. L’influence du Mystère de Dar est considérée comme néfaste pour servir la société darkilienne. Si la voie de Darzaeck enseigne l’acceptation de ce qu’on ne peut comprendre, nul ne peut en faire véritablement un métier. Ainsi, même si un Darkilien s’adonne en secret à la voie des mystères, il se doit en premier lieu de cultiver une orientation plus officielle. Curieusement, les Darkiliens ne reçoivent aucun enseignement direct sur la voie de Darzaeck mais sont poussés dans leur religion, à œuvrer dans cette voie chaque fois qu’ils s’adonnent à des actes réprouvés par la société. Les voies les moins fréquentées professionnellement sont les voies de Darkast et Darlys qui sont davantage l’une une inspiration pour les métiers artistiques, l’autre un piliers de la structure familiale. A noter quand même que la voie de Darlys a été pervertie par une tranche de le population qui favorise l’essor du plaisir sexuel au delà des conventions de la société darkilienne. Les tenants de la religion darkilienne réfutent que Darlys ait jamais enseigné quoi que ce soit dans ce sens, mais la société aodissienne protège l’emploi des prostituées qui se sont trouvées une place dans la Guilde des Arts.

L’émancipation du Darkilien survient au plus tôt à 14 ans s’il a assimilé tous les enseignements basiques des Daevas et fait son choix de vie, ou au plus tard à 20 ans où l’on peut décider pour lui de ce qu’il fera de sa vie. Il reçoit également un leg familial décidé par les femmes du foyer. Par la suite, il accomplit son métier aussi bien dans le cadre de la société aodissienne que dans le respect de la religion darkilienne. Les Darkiliens n’échappent pas aux tests des institution majeures pour déterminer s’ils ont des dispositions pour la Magie des Arcanes ou la Magie Divine. Un Darkilien émancipé n’est plus membre de la cellule familiale. Les liens de filiation préservent le nom et la notoriété d’une famille, mais la responsabilité parents-enfants est rompue, sauf en ce qui concerne les femmes.

Les Darkiliennes suivent le même cursus que les hommes, mais sont amenées à interrompre leurs ambitions professionnelles dès qu’elles sont mariées. Les femmes célibataires sont encore moins bien considérées que les hommes célibataires. Pourtant si elle n’y est contrainte par sa famille désireuse de lui faire bénéficier d’un Lysazec et si elle ne rencontre jamais l’âme sœur ou, même dans ce cas, si elle ne désire pas se marier, elle peut alors mener la même vie qu’un homme. A part les autorités religieuses, seul le père peut ordonner le Lysazec à ses filles. Si par convention, la majorité des femmes acceptent ou réclament d’être unie à un homme auprès de ses parents ou des chefs religieux, de plus en plus sont tentées par un autre style de vie importé par les autres cultures d’Aodissia, allant même jusqu’à demander expressément aux décideurs de leur épargner le Lysazec. A partir du moment où une femme n’est pas mariée, on n’exige ni plus ni moins d’elle que ce qu’on exige d’un homme dans son métier. Il n’est pas rare qu’une fille soit promise au mariage avant d’avoir eu le temps de goûter à une profession, de telle sorte à éviter qu’elle ne préfère la liberté du célibat et ne s’oppose de façon ostensible aux ambitions des mariages arrangés.

Une Darkilienne mariée et sans enfant à sa charge dont le mari décède est libérée de toutes ses obligations et peut, soit se marier à nouveau, soit mener la vie qu’elle souhaite. Dans tous les cas, les femmes ainsi libérées d’un mariage se répartissent les biens de la cellule familiale. Les veuves sont souvent très riches et prisées par les hommes pour accroître leur patrimoine. Une femme qui a été mariée peut toutefois refuser librement tout Lysazec et Kastazec qu’on lui propose. Tant qu’elle exerce un métier, personne ne peut la contraindre à épouser un autre homme.

Les Darkiliens atteignent l’âge dit « vénérable » lorsqu’ils dépassent 50 ans. Ils peuvent alors s’arrêter à tout moment de travailler. Ils ne peuvent compter que sur leurs ressources pour finir leur existence. La solidarité est très développées chez les Darkiliens et il est rare qu’un homme ou une femme sans ressources soit abandonné à eux-même. Les familles aisées « adoptent » parfois les plus démunis. Ils leur permettent de porter leur nom en échange de quoi ils ramènent les gains de leur labeur dans la cellule familiale. Outre cela, l’Eglise de Dar accueille systématiquement tout ceux qui le demandent et qui disposent alors du gite et du couvert aussi longtemps qu’ils servent le culte.

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