Les Chantepinois

Les Chantepinois vivent en bonne intelligence avec les Unakisii, se partageant la région d’Unakis. Toutefois, autant l’anciennement barbare société des Unakisii s’est-elle fait largement influencée par la civilisation aodissienne, autant les Chantepinois sont restés fidèles à leurs racines. Il existe donc un clivage culturel important entre les Chantepinois et leurs voisins.

Origine

La culture chantepinoise serait pré-impériale, mais ne serait pas du tout originaire de la région dans laquelle ils se sont finalement installé. A l’origine nomades, les Chantepinois s’appelaient les Valevonais et se seraient détaché de la culture dredanie pour des questions de divergence d’opinion. Ils erraient sur Alméra au gré des saisons et s’installaient là où les ressources naturelles leur permettaient de prospérer. Ils n’ont jamais constitué un peuple uni, et ont de tout temps gardé cette structure tribale qui les caractérise, tout en conservant un voisinage de principe pour s’entraider. Il y avait à l’origine environ 70 tribus valevonaises.

Lors de l’expansion impériale d’Asten, les Valevonais devinrent rapidement une gêne pour les sédentaires. Ils s’éloignèrent à la recherche d’autre territoire mais repassaient inévitablement pas des domaines occupés et peu désireux de les y voir s’installer. Vivant principalement de la chasse et de la cueillette, leur présence troublait la vie locale au point de susciter la colère des seigneurs. L’occupation des terres où les Valevonais avaient consacrés leurs morts devint l’objet de conflit, car dans la culture valevonaise de l’époque, les défunts valevonais devenaient esprit et demeuraient là où on avait pratiqué les rituels mortuaires. Les Valevonais appréciaient revenir converser avec eux et l’impossibilité de le faire du fait des interdits de séjours ou même de passage finit par déclencher la colère des nomades.

Si conflit il y eu avec l’Empire à ce moment, il eut raison de la plupart des Valevonais. Même si ceux-ci profitaient davantage de leur connaissance de la nature et du terrain pour mener des opérations de guérilla, ils ne pouvaient rien contre la puissance impériale et ils furent en grande partie décimé en à peine une génération. Parmi les moins extrémistes et moins enclins à sacrifier totalement leur culture, les Valevonais se forgèrent une nouvelle croyance pour les sauver, à moins que ce ne fut pleinement avéré, ils prétendirent suivre le chant des esprits de leurs ancêtres vers un lieu où il pourrait s’installer à l’abri des contrainte territoriale de l’Empire.

C’est à cette époque qu’ils migrèrent vers la région d’Astareth qui était encore à cette époque librement sauvage et qu’ils suivirent le chant des esprits jusqu’à l’actuelle Forêt de Chantepin. C’est eux qui la baptisèrent ainsi et les 13 tribus survivantes des Valevonais se sédentarisèrent, s’installant sur ce nouveau territoire à l’écoute des voix du passé. L’Empire était déjà passé dans cette région pour en chasser les Piquecielins (les actuels Unakisii), mais la rudesse du climat les avait contraint à reculer. Les impériaux avaient déjà tant de territoire à contrôler que leur installation dans la région n’avait pas de sens. Ils étaient redescendu ensuite vers le sud et plus à l’ouest à la rencontre des Rougemeriens, et la région d’Astareth en tant que province impériale la plus puissante changea profondément la façon dont ils s’y installèrent. C’est pourquoi Piqueciel et Chantepin restèrent ainsi isolé jusqu’à la chute d’Asten.

L’Aodis Unak fut le premier contact post-impérial des Chantepinois qui, après des générations, avaient abandonné le nom de Valevonais. Ils apprécièrent rencontre l’Aodis qui les informa de la chute impériale et de l’établissement d’une nouvelle civilisation dans leur région à laquelle les Chantepinois refusèrent d’adhérer. Unak fit malgré tout évoluer favorablement le rapprochement entre les Piquecielins redescendu de la montagne pour fonder Unakis et la culture chantepinoise. Deux nouvelles tribus s’étaient entre temps éteintes, ses derniers membres fusionnant avec les autres.

Après Uyadan, deux autres tribus cessèrent d’exister en tant que telle, rejoignant le nouveau mouvement des Nomades et embrassant le Tellurisme. Mais depuis, les 9 tribus chantepinoises installées à Chantepin perdurèrent, certaines s’ouvrant aux échanges et au commerce avec les Unakisii et les Aodissiens, les autres gardant une certaine distance, mais toutes conservant leurs us et coutumes. Malgré leur sédentarisme, les Chantepinois des plus jeunes générations commencent à développer un certain goût pour la découverte et le voyage. Beaucoup d’entre eux ont ainsi pu renouer des liens avec les Dredanii ou d’autres cultures.

Religion

A l’instar des Elfins et des Dredanii avec lesquels ils partagent des croyances communes, les Chantepinois admette l’existence d’un esprit supérieur qu’ils appellent le Grand Esprit. Contrairement au Dredanii qui le voient incarné dans le soleil, les Chantepinois le considèrent comme immatériel, une sorte de somme symbolique de tous les esprits existant. Dans leur culture, les esprits des ancêtre, dont les funérailles sont menées selon des rites antiques, rejoignent le Grand Esprit dans la mort et s’en détachent parfois pour parler à leur descendant et ainsi les aider ou les guider. Les Chantepinois enterrent leurs morts. Le fondement de la croyance chantepinoise est que tout être et toute chose est l’incarnation temporaire d’un esprit qui expérimente le monde physique et retourne ensuite à son état naturel.

Le culte d’Aod véhiculé par les Aodissiens n’a pas vraiment franchi la barrière culturelle. En fait, si les Chantepinois reconnaissent que les Aodissiens révèrent probablement la même déité qu’eux, ils refusent d’intégrer le nom d’Aod à leur culture. Dans leur langue, le Grand Esprit s’appelle le Manitou et ils se refusent à l’appeler autrement. Les Chantepinois ont vu dans les Disciples d’Aod des esprits supérieurs et dans leurs supposés enfants, les Aodis, des esprits incarnés. Ils les respectent en tant que tels, toutefois dans leurs croyances, les Esprits ne sont pas là pour ordonner mais pour conseiller. Ils ne peuvent se mettre en colère et punir que si on leur manque de respect, pas si on ne leur obéit pas, à l’exception d’un seul.

La notion de bien et de mal est portée intégralement par le Manitou. Ce qui signifie que rien d’absolument bon ou d’absolument mauvais n’émane de lui. Mais d’une façon similaire aux croyances des Elfins qui opposent Saïel, l’équivalent du Grand Esprit, à Dahel, il existe un esprit corrupteur qui s’empare de ceux qui ne respectent pas le Manitou pour ce qu’il est, et cet esprit porte le nom de Wendigo. Dans la croyance des Chantepinois, le Wendigo est l’expression pure de la colère et de l’irrespect, une sorte de condamnation de l’être qui ne croit plus en la force du Grand Esprit. Dans cette croyance, celui qui s’abandonne au Wendigo devient progressivement un monstre et ne mérite pas mieux que d’être détruit. La plupart du temps, on prétend même que celui qui est hanté par le Wendigo est déjà mort, qu’il n’a plus d’esprit, et que ce n’est qu’une enveloppe, un véhicule pour l’esprit sauvage et destructeur qui le domine. Le Wendigo est chassé et tué par les Chantepinois qui ne peuvent laisser leurs frères être porteur de cet instinct de massacre et d’anéantissement. Et les corps d’iceux n’auront droit à aucun cérémonial funéraire conventionnel car il n’y a plus d’esprit à libérer.

Pour servir le Grand Esprit, les Chantepinois manient indifféremment la magie divine et la magie naturelle. Dans leur culture, les pratiquants de magie divine sont appelés les Hommes-Médecines ou Femmes-Médecines, et ceux de magie naturelle les Sorciers. Pour les Hommes-Médecines, leur pouvoir émane directement du Manitou, alors que pour les Sorciers, ils émanent des divers esprits issus du Manitou. Les deux pratiques sont reconnues comme sœurs. Après la Levée des Morts, c’est toutefois les Hommes et Femmes Médecines qui ont confirmé le pouvoir du Manitou face aux Morts. A noter que les Morts ne sont pas vu comme une expression du Wendigo, mais constituent toutefois une menace réelle contre leur société (contrairement aux Elfins qui tentent de l’accepter comme une part de Saïel).

Bien que parfois regardée avec suspicion pour son incongruité, la magie des arcanes est également présente. Ceux qui la pratique sont généralement vu comme des Sorciers, mais les pratiquants de cette magie comme ceux de magie naturelle ne sont pas vraiment sûr de la différence existant entre leurs pratiques. Du moins, dans la culture Chantepinoise, on a finit par admettre que les arcanistes étaient des sorciers qui ne comprenaient pas ce qu’ils faisaient, que les esprits écoutaient et acceptaient d’aider sans que celui-ci en ait pleinement conscience. Les rares Chantepinois qui pratiquent les deux ont parfois du mal à faire la part des choses et quelques uns finissent par se rendre compte par eux-même que la magie des arcanes n’a aucun rapport avec les esprits, ce qui les pousse généralement à abandonner la pratique des arcanes. Pour autant, il n’y a pas de rejet ni de crainte envers cette magie, juste de la curiosité.

Us et coutume

Les Chantepinois sont instruits dès leur plus jeune âge par l’ancien de la cellule familiale. Leurs traditions sont orales et le rôle de l’ancien est d’instruire tous les membres de sa famille afin que chacun d’eux puisse un jour reprendre son rôle. Le papoose (jeune Chantepinois considéré comme enfant), devient adulte lors du rite de passage de sa 13ième année. Lors de ce rite, il devra choisir sa voie, ce qui le laisse devant 7 choix possibles :

  • Guerrier : il sera en charge de défendre les siens partout où le chef de la tribu lui demandera de le faire.
  • Cueilleur : il sera tenu de connaître les plantes et de trouver la subsistance végétale de la tribu.
  • Chasseur : il sera tenu de chasser les animaux servant à nourrir la tribu.
  • Éleveur : il sera tenu d’élever les chevaux de la tribu. A noter que cette activité est beaucoup plus développée dans les tribus Setak et Orintak qui commercent avec les Unakisii et les Aodissiens, ce qui a forgé la réputation de dresseurs de chevaux des Chantepinois dans tout Aodissia. Les Chantepinois n’élèvent que les chevaux et aucun autre animal. Ils considèrent d’ailleurs que l’élevage d’un animal pour le manger est contre-nature. Même affamé, un Chantepinois ne mangera jamais de cheval.
  • Bâtisseur : il sera tenu de bâtir ou réparer les habitats de la tribu, ainsi que trouver les emplacements idéaux d’implantation.
  • Homme-Médecine ou Femme-Médecine : il sera tenu d’accomplir les rites funéraires, de soigner les malades et les blessés et de protéger la tribu contre les Morts.
  • Sorcier ou Sorcière : il sera tenu d’aider tous les autres membres de la tribu avec ses dons et d’identifier et de chasser le Wendigo.
  • Errant : le papoose qui n’embrasse pas de voie devient une sorte de paria pour la tribu. Il est parfaitement libre d’aller et venir comme bon lui semble et d’aider n’importe quel membre de la tribu, mais n’en fait spirituellement plus partie tant qu’il n’a pas adopté un autre rôle utile à la tribu. Il y a de plus en plus d’errant dans les tribus, des jeunes Chantepinois désireux d’aller voir le vaste monde avant de prendre sa place définitive dans la tribu. Même s’il est rare que l’errant parte de suite à l’aventure, préférant se former auprès des siens, il peut rester absent plus de 15 ou 20 ans avant de revenir vivre parmi les siens. Les cas d’Errant le restant jusqu’à la fin de leur vie sont exceptionnels. Pour eux il est important d’enrichir le patrimoine spirituel de la tribu et leur voyage en fait partie, mais ça n’a de sens que s’ils reviennent vers les leurs pour partager leurs découvertes. Un errant qui passe à nouveau un rite pour tenir un autre rôle dans la société chantepinoise devient alors définitivement sédentaire.

Une fois un rôle utile (donc en dehors d’Errant) choisi, un Chantepinois le demeure jusqu’à la fin de sa vie et en font un véritable devoir. Il n’est toutefois pas exclu de servir à différentes fonctions selon les cas. Si seuls ceux qui ont la foi indéfectible peuvent devenir Homme ou Femme Médecine, et que seul ceux qui maîtrise la magie naturelle ou la magie des arcanes peuvent devenir sorciers, toutefois, la maîtrise de ces talents ne les obligent absolument pas à embrasser ces carrières, ce qui ne les empêchent pas de les développer au sein d’autres carrières.

La société chantepinoise est assez peu sujette à la criminalité. Le partage des ressources est une règle de vie chez eux et personne n’est vraiment plus aisé qu’un autre, ni ne souhaite l’être. Cela n’empêche toutefois pas le vol (très rare) ou les crimes passionnels (plus fréquent). Même si les Aodissiens ont souhaité, pour des raisons de sécurité, s’immiscer dans la société chantepinoise, les groupuscules d’étrangers qui parviennent à vivre parmi eux doivent se plier à leurs règles. Si certaines tribus ont été largement influencées par les Unakisii pour ressembler un tant soi peu à la société aodissienne, les Chevaliers du Destin n’ont pas vraiment le pouvoir de faire la loi et n’ont absolument pas le droit de violer les prérogatives du chef de tribu, même quand leur présence permanente est tolérée dans leurs villages. Le chef de tribu est l’unique magistrat du village et le seul en droit de juger et de prononcer une sentence contre un criminel, et les Chantepinois pratiquent encore la peine de mort pour les crimes les plus graves.

Organisation sociale

Les Chantepinois sont organisés en neuf tribus. Chacune d’elle est indépendante, mais les échanges entre elles sont fréquentes. Chaque tribu est installé dans et autour d’un village de Chantepin portant leur nom :

  • Mastatak : Située en pleine forêt à l’extrême nord-ouest de Chantepin, Mastatak est l’une des tribus chantepinoises les plus recluses. Ils reçoivent très peu de visite. Ils vivent exclusivement de leurs ressources et n’en demandent jamais plus que nécessaire à la forêt et à sa faune pour survivre. Leur régime alimentaire s’adapte en fonction de la saison et ils ne font aucun stock de nourriture. Les hivers sont donc parfois difficiles, mais moins rigoureux que dans le reste de Chantepin étant donné la proximité de la côte.
  • Ponentak : Ce village est situé en bordure de mer. Il commerce un peu avec les communautés de la forêt et le village de Havrechamp au sud mais reste assez isolé dans l’ensemble. Les Chantepinois de Ponentak vivent principalement de la pêche, en saison chaude comme en saison froide. Ils jouissent d’un climat plutôt tempéré et changeant du fait de l’influence côtière.
  • Ultak : Ultak est connu pour être le village d’origine de Maria Septime, la cheffe de la Compagnie du Grizzli Mort. Sa mère n’y vit plus, Maria l’ayant retiré de son milieu pour l’avoir auprès d’elle. Ultak est un village relativement isolé et on ne va guère plus loin lorsque l’on s’enfonce dans Chantepin, à moins de vouloir aller jusqu’à Ponentak. Ces Chantepinois sont très accueillants et leur village constitue une étape de voyage très reposante.
  • Krastak : situé en plein cœur de Chantepin, Krastak est considérée comme le centre de la culture chantepinoise. Les plus influents des chamans y résident, si ce n’est au village même, dans les alentours. La densité de micro-communauté est la plus importante autour de Krastak. Bien qu’il soit finalement assez éloigné d’Unakis, Krastak est incontournable et il existe un convoi postal permanent entre ce village et la cité. C’est généralement dans les environs que Krastak que l’on peut trouver le seul Elfin connu de la région Leven Alimena. Krastak doit une part de son importance aux deux routes principales de Chantepin qui s’y croisent.
  • Nusertak : aussi isolée de Mastatak à l’ouest, Nusertak, perdue au sud de Chantepin dans une zone très accidentée, est à la fois pittoresque et peu commun. La tribu n’est pas arboricole mais troglodyte et vit presque essentiellement dans la roche, à flanc de falaise. Les nodules présents dans les petites rivières encaissées du coin constituent une monnaie d’échange prisée par le clan Rakvena si bien que les échanges commerciaux entre Unakis et Nusertak sont assez fréquents, Kurt Rakvena n’ayant pas les ressources nécessaire à une exploitation massive des rivières (et sans doute pas l’autorisation des chantepinistes non plus).
  • Setak : cette tribu est l’exemple type des Chantepinois très influencés par la culture d’Unakis. On y vit de l’élevage, pratiqué de façon assez semblable à Unakis à ceci près que les Setakii élève principalement des chevaux de monte. Tout comme les Unakisii emmène leurs bêtes paître dans les hauts-pâturages, les Setakii déploient leurs élevages dans les Plaines de Pleusoleil s’étendant au nord et nord-ouest de Setak. Les Setakii sont connus pour être des cavaliers émérites et ils montent à cru sur leurs bêtes. Leurs chevaux servent de monnaie d’échange dans la plupart de leurs transactions. Ils élèvent un peu de bétails pour se nourrir et complètent leurs repas avec les fruits de la cueillette. Les chevaux Setakii sont réputés pour leur excellente santé et leur bon caractère. Ils ont toutefois tendance à ne pas apprécier les harnachements dont les Chevaliers du Destin ou les cavaliers civilisés les couvrent.
  • Sheltak : la section de route menant d’Orintak à Krastak est assez peu empruntée, si bien que Sheltak est finalement assez isolée malgré les facilité d’accès. Selma Felovak, la Maîtresse de la Guilde des Fermiers d’Unakis en est originaire. Elle use de son influence pour maintenir des contact étroit avec cette communauté qui vit donc un peu des échanges avec les cultures agricole d’Unakis.
  • Isetak : par sa proximité avec Unakis, à moins d’une journée de cheval, et à guère plus de deux jours à pied, Isetak jouit d’une fort mélange culturel entre Unakis et les Chantepinois. Ces derniers s’y sentent même comme des citadins et les Unakisii qui s’y rendent ne sont pas trop dépaysés surtout d’un point de vue culinaire. C’est à Isetak que se trouve la résidence secondaire de la Grande Prêtresse Ladona Velpan, qui y a dispensé les mêmes enseignements qu’à Unakis.
  • Orintak : Orintak marque l’entrée est de la forêt à l’instar de Ponentak qui en marque l’entrée ouest. Cette tribu en bordure de Chantepin s’est forgée une réputation de dresseuse de chevaux au même titre que les Setakii. Cependant, le village est moins accessibles depuis Unakis et les principaux intéressés se trouvent dans les villages fermiers de Buttechamp et Longchamp. Les bêtes dressées sont d’ailleurs en général plus souvent des chevaux de trait et des poneys, qui jouissent de la proximité des Collines Dos-Hirsute pour se fortifier.

Chaque tribu comporte un chef élu par les anciens de chaque famille. Il exerce jusqu’à ce qu’il abdique, qu’il meure ou qu’il soit jugé indigne par une majorité d’ancien qui procède alors à une autre élection. Il n’y a pas de candidat. Les anciens discutent entre eux des membres de leurs familles respectives et évaluent qui mérite le plus le rôle de chef. Le chef de la tribu a le devoir de défendre et faire prospérer la tribu. Ses décisions ne sont pas remises en question tant qu’il n’apparaît pas de façon évidente que l’une d’elle a entraîné un désastre. Le conseil des anciens forment un cadre sur lequel s’appuie le chef pour l’aider dans ses décisions, mais il est le seul magistrat de la tribu et donc le seul en droit de prononcer les jugements.

Au sein de la cellule familiale, le plus ancien membre (homme ou femme) est l’ancien (ou l’ancienne) et constitue le référent de la culture orale chantepinoise. Il n’est généralement pas le chef de famille. Dans la famille chantepinoise, c’est le plus jeune père ou la plus jeune mère qui est le chef de famille, donc la personne la moins âgée qui a un enfant. Cette curiosité provient de la croyance chantepinoise qui veut que les jeunes esprits sont les plus libres de penser comme les autres esprits, donc comme il faut pour guider les siens et seul le fait d’être parent lui procure l’ascendant sur les siens qui force le respect. Si l’ancien enseigne au chef comment prospérer en tant qu’humain et l’histoire de la tribu à travers les âges, le chef de famille est censé être la contrepartie spirituelle. Le chef élu de la tribu n’est pas nécessairement un chef de famille et n’est jamais un ancien.

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