Sylvain

En tant qu’Incarnat, le Sylvain a de nombreux points communs avec les Nymphes et en particulier les Dryades. Considérés par les mortels comme de simples arbres vivants, les Sylvains partagent bien plus de caractéristiques avec eux qu’on ne le pense.

Origine

Des Esprits se sont si longuement attachés au monde matériel qu’ils ont fini par ne faire qu’un avec lui. Ainsi sont nés les Incarnats, une catégorie de créatures menant l’existence d’un Esprit dans un corps matériel fait de matériaux naturels. Les plus aboutis de tous les Incarnats sont les Sylvains qui ont fini par complètement oublier leur nature spirituelle et ne faire qu’un avec un arbre. Esprit et corps ne font plus qu’un à un point tel qu’ils ne peuvent désormais plus exister l’un sans l’autre et qu’ils se reproduisent grâce aux caractéristiques naturelles de leur incarnation.

La naissance spontanée d’un Sylvain par l’incarnation d’un Esprit dans un arbre est une chose extrêmement rare. Cela se produit et se produira encore tant qu’il y aura des Esprits et des arbres, mais beaucoup d’Esprit aboutissent souvent à l’état de Nymphe et bien plus rarement à l’état de Sylvain, au bout d’un phénomène qui demande plusieurs centaines d’années. Cela signifie que si un Sylvain doit naître spontanément, il a commencé son incarnation des centaines d’années auparavant et que que ses congénères n’auront peut-être jamais l’occasion de le connaître pleinement. Contrairement aux Nymphes, les Sylvains n’aident pas les Esprits à terminer leur processus d’incarnation.

Les Sylvains ont choisis à l’origine de s’incarner dans des arbres, choisissant en cela des arbres de belles statures. A présent et depuis qu’ils existent en tant que race indépendante, leur système de reproduction est tout à fait identique à l’arbre dont ils sont l’image. Ils changent au gré des saisons, produisent des graines et poussent comme n’importe quel arbre.

Anatomie

Le Sylvain est ce que sa nature suggère, un arbre « vivant ». Le terme est inadapté, car les arbres sont, par nature, vivants, mais l’on retient surtout le caractère « mobile » de cette forme de vie lorsqu’on utilise cette désignation. A priori, rien ne distingue un Sylvain d’un arbre ordinaire. Les arbres choisis par les Sylvains à l’aube des temps ont donné naissance à différentes sous-espèce qui n’ont de différence que les caractéristiques intrinsèques de ces arbres qui naissent et vivent dans les mêmes conditions que leurs cousins ordinaires et qui, donc, restent attachés au milieu qui les a vu naître. La longévité des Sylvains est semblable à celle de leur cousins.

Dans les marais de la Rôdemort, on rencontre surtout des palétuviers dans toutes les zones de mangrove (ce qui vaut pour toute la rive sud du Gorgebleue et la plupart des rives intérieures des rivières, des lacs et des étangs de la Rôdemort). On rencontre différents types de palmiers dans les zones limitrophes sud du Marais et une forte densité d’entre eux sur la zone côtière à l’ouest. Enfin, les terres les plus arables de la Rôdemort enregistre la présence de chênes, d’ormes, de cyprès, de saules et de magnolias. Chaque type d’arbre a donné naissance à des Sylvains, dont le nombre est difficile à évaluer, ne serait-ce que parce qu’on ne les distingue pleinement des arbres que s’ils se déplacent.

Un Sylvain possède, en quelque sorte, une capacité métamorphique limitée qui lui permet de modifier sa forme pour lui permettre d’agir et se déplacer. Ainsi, le fait que son tronc s’écarte pour former deux ou trois « pieds » capables de bouger de façon synchronisée pour se mouvoir n’est dû qu’à une application continue et innée de la métamorphose. Un Sylvain conserve donc son apparence et sa nature d’arbre en toute circonstance, mais il modifie ses racines, son tronc et ses branches pour interagir avec son environnement. Du reste, lorsqu’il a fini de mener ses actions, il peut fort bien se réinstaller différemment, n’avoir pas tout à fait la même posture.

En tant qu’arbre, un Sylvain possède exactement la même résistance que ses cousins immobiles. Il ne ressent pas spécialement la douleur mais la perte d’une partie de son corps le contrarie fortement. Un Sylvain possède des sens complètement différent des mortels. Il possède la perception naturelle des esprits et possède un sens du toucher exceptionnellement développé. Il peut donc percevoir les mouvements de l’air et les différences infimes de pressions pour détecter les sons et les mouvements des solides dans son environnement immédiat (sur une trentaine de mètres). Associé à sa vision spirituelle, il peut donc faire la différence entre une créature incarnée (l’esprit bouge avec le corps), un objet inerte et un esprit désincarné.

Un Sylvain communique avec ses congénères par des vibrations d’infra-sons produites sur la surface de son corps grâce à sa capacité métamorphique. Leur langage est non seulement imperceptible sans une aide magique, mais il leur permet d’atteindre l’un des siens à plusieurs kilomètres de distances (entre 1 et 5 selon la densité des obstacles). À leur approche, ce qu’on prend pour des frémissements ou des légers souffles de vent est, le plus souvent, un message à l’attention des siens. Des Sylvains ayant été assez longtemps en contact avec une civilisation peuvent avoir appris son langage et est capable de produire, de façon similaire, des vibrations audibles correspondant à la parole.

Les Sylvains possède une telle affinité esprit-matière au travers de la Métamorphose et leur perception du monde spirituel, qu’ils sont capables d’user de la Magie Naturelle (ou Magie de l’Esprit) comme le font les Nymphes, de façon naturelle. À la différence des Humains, les Esprits aident les Sylvains ne se contentant pas de réagir à des stimulus, mais œuvrant volontairement à la création d’effet magique dans le monde matériel. Les principales capacités magiques des Sylvains sont basées sur la Métamorphose.

Social

À l’instar des Nymphes, les Sylvains mènent une existence sociale. En revanche, la notion de socialisation chez eux est très déroutante pour les Humains. Le cycle de vie d’un Sylvain est réglé sur les saisons. Si l’on considère l’hiver comme le cœur de la nuit et l’été comme le cœur de la journée, se retrouver « ensemble » pour des Sylvains dure plusieurs mois. Leur mode de pensée est à l’image du temps qui s’étire. Le jour et la nuit ne sont que des clignotements de lumière et la perception qu’ils ont des animaux et des mortels est celle d’êtres toujours pressé par le temps et menant une activité frénétique sans pareille.

Lorsqu’ils s’efforcent de communiquer avec les mortels, leur prononciation des mots est très lente, parfois si lente qu’elle est incompréhensible. Par nature, un Sylvain est pacifique et ne fait rien de particulier lorsque des êtres vivants circulent autour de lui. Il ne prendra contact que s’il est certain qu’on s’adresse à lui.

Les Sylvains consacrent le plus clair de leur existence à la contemplation et à converser avec les leurs. Ils savent que les arbres ordinaires n’ont pas leurs intellect, mais les considèrent comme des membres de leur grande famille. Les Sylvains ont un sens aigu du groupe social auquel ils appartiennent et considèrent que tout ce qui nuit à l’un des leurs est un danger pour le groupe.

Tactique

À moins d’être seul, un Sylvain collabore avec les siens pour, d’une part, se défendre, mais aussi et surtout, préserver ses cousins végétaux, incapables de bouger. Un Sylvain n’est offensif que s’il comprends et peut anticiper une véritable menace envers lui, ses congénères et la nature qui l’entoure, sinon il reste immobile.

Le Sylvain se tord et déforme ses branches et ses racines pour frapper et se mouvoir. Sa vitesse est comparable à celle d’un Humain et ses mouvements peuvent largement être anticipé mais il compte surtout sur l’envergure de ses membres pour blesser ses adversaires. Il peut aussi saisir un adversaire et l’écraser entres ses membres, ou l’emprisonner dans ses racines. Cela dépendra surtout de son tempérament. Les attaques d’un Sylvain sont presque exclusivement contondantes ou constrictives. Elles peuvent parfois être coupantes en fonction de l’espèce d’arbre à laquelle appartient le Sylvain. Il pourra notamment durcir ses feuilles pour les rendre coupantes et assouplir ses branches pour fouetter avec.

Généralement, un Sylvain comptera d’abord sur les interventions des siens et ses propres capacités pour balayer une opposition. Il usera de magie pour contourner certaines difficultés, usant de son contrôle sur la métamorphose pour utiliser le terrain à son avantage, animer des arbres pour l’aider comme alliés ou soigner ses blessures les plus profondes. Les Sylvains ne comprennent le concept de reddition que s’ils connaissent la culture à laquelle ils se confrontent, dans le cas contraire, ils n’ont aucune raison de ne pas éliminer totalement une menace. En fonction de la nature de celle-ci, il sera éventuellement possible de tromper le Sylvain en faisant le mort ou en adoptant une posture qui le convaincra d’arrêter son assaut.

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